étalonnage APN ou calibrer les couleurs d’un appareil photo

Réaliser un étalonnage de son appareil photo numérique est une procédure indispensable pour toute personne souhaitant s’investir un temps soit peu dans la gestion des couleurs ainsi que dans la post production de qualité. Bien qu’il vous faut déjà assimiler le fait qu’un profil d’entrée n’est en rien magique puisque celui-ci n’est q’un début ou un point de départ dans le déroulé du traitement de vos fichiers RAW.
De ce point de départ viendront les choix à prendre comme le montre cette comparaison illustrant cette publication où vous voyez que les trois variantes sont toutes les trois différentes de par leur profil ICC alors que la courbe de réponse choisie ici dans Capture One Pro est identique. Pourtant nous voyons déjà ici que le profil icc de la deuxième variante entraine un écrêtage des patchs les plus clairs

Alors pourquoi ne pas se contenter du profil ICC ou DCP générique de nos logiciels ?

Que vous soyez utilisateurs de logiciels de chez Adobe tel que Lightroom ou bien utilisateurs de Capture One Pro voir de logiciels d’autres éditeurs, tous vous proposent le profil générique du modèle de votre appareil photo numérique. Cependant à part de très rares exceptions vous aurez constaté que ces propositions tiennent le plus souvent du Color Pleasing à savoir une sorte de rendu censé plaire à un grand nombre de personnes en omettant bien souvent la justesse chromatique réelle sans parler d’un contraste tellement farfelu qu’il devient difficile à corriger pour certaines personnes.

Première erreur à sortir de votre esprit avant de vous lancer dans la création de profil d’appareil photo numérique :

Lorsqu’on réalise un profil ICC ou un profil DCP soit un profil d’entrée on ne calibre strictement rien qui rentrera ensuite au sein de son appareil photo numérique ! Cette première erreur est pourtant citée sur des sites ne maitrisant pas le sujet de la gestion des couleurs … De la même manière, lorsqu’on photographie en RAW alors la TRC est celle du capteur employé. Aussi la toute première étape à s’occuper étant de s’assurer de la qualité de la White Balance lors de la capture.

Pour bien commencer il vous choisir la bonne mire / la bonne charte :

  • Choisir sa charte de couleur en se fiant uniquement au prix de son achat est clairement un non sens ! La qualité de votre profil d’entrée est déjà dépendant du choix de la charte ! Je vous déconseille donc l’achat d’une mire qui ne serait pas composée de plusieurs pigments différents et vous devriez aussi éviter les chartes réalisées à partir de sortie jet d’encre.
  • Le nombre de patchs n’est pas le point à prendre de suite en considération puisqu’il vous faut déjà vous concentrer sur la distribution des couleurs et les spectres réfléchissants. De part ce fait le choix à l’époque à laquelle j’ai réalisé mes premiers profils d’entrée s’était porté sur la ColorCheckerDC que j’ai remplacé par la X-rite Digital ColorChecker SG (que vous retrouvez sur le Store de COULEUR-ICC).
  • Composée de 140 Patchs colorés, la charte X-rite Digital ColorChecher SG permet de vérifier l’uniformité de la prise de vue ! Attention, bien que la X-rite Digital Colorchecker SG dispose aussi des 24 couleurs composant la ColorChecker Classic que nous connaissons depuis sa première version en 1976 (le premier modèle fut développé par McCamy et al. at Macbeth, une division de Kollmorgenil) il vous faut déjà retenir que l’aspect semi-gloss de la SG entraine forcément des valeurs spectrales différentes de la version Classic

Les 24 patchs originaux de Macbeth sont ils suffisants pour créer un bon profil d’entrée ?

Ma longue expérience dans ce domaine apporte une réponse négative à cette question. Cet avis est d’ailleurs partagé par quelques autres experts mondiaux. Pour autant, je conseille vivement de posséder tout de même aussi une petite ColorChecker Passport à toute personne souhaitant pouvoir contrôler sa colorimétrie voir de posséder un outils simple permettant l’édition des couleurs.

Vous aurez d’ailleurs remarqué que la première ligne de patchs de la Colorchecker Passport correspond aux huit TSL de l’onglet basique quant à l’éditeur de couleurs de Capture One Pro 20 mais aussi à ce que vous retrouvez sur les réglages de TSL au sein de Camera Raw et de Lightroom de chez Adobe. En 2009 X-rite lançait d’ailleurs cette charte afin de remplacer la ColorChecker Mini d’origine et j’en avais réalisé de très nombreuses démonstration d’utilisation lorsque la marque faisait appel à mes services pour le salon de photo à Paris pendant plusieurs années.
Depuis une seconde version de la ColorChecker Passport a vu le jour dont la différence se situe dans la deuxième partie de son volet puisque la ColorChecker Passport Photo 2 comprend maintenant un patch permettant de déterminer l’exposition

Réaliser un bon profil d’entrée est ce simple ?

En observant certaines publications sur internet on pourrait le croire mais il en est rien ! Il suffit d’ailleurs de lire que, sur les différents forums francophones où le sujet est plus moins abordé, de nombreuses personnes s’y sont cassé le dents.
Je réalise le même constat dans mes intervention sur site au niveau de la formation capture one pro en studio lorsque je demande d’exécuter la prise de vue de la mire beaucoup de mes élèves n’ont pas les bonnes bases pour l’exercice.
Pourtant, de la qualité de la prise de vue dépend la qualité de votre profil ICC ou de votre profil DCP c’est pourquoi cette partie importante de la gestion des couleurs qu’est l’étalonnage de l’appareil photo et des contions de prises de vu sont aussi enseignés dans mon école suivant ma méthode précise qui fait toujours ses preuves.

Un profil d’entrée est ce uniquement pour la justesse des couleurs ?

Afin de pouvoir établir la justesse colorimétrique alors votre profil d’entrée ne doit pas être confondu avec du Color Pleasing car des couleurs qui plaisent ne sont qu’une affaire de goût !
Toutefois, voici quelques exemples de ce que vous devriez éviter afin d’éviter de perdre du temps lors de votre phase de développement de vos fichiers RAW :

1 / La première étape d’analyse de votre profil d’entrée ne devrait pas être la taille de son gamut mais d’en vérifier avant tout sa parfaite neutralité

Le profil ICC pour votre appareil photo numérique se doit avant tout d’être neutre ne serait ce que pour vous faciliter la gestion de la white balance mais aussi le fait de pouvoir apporter une justesse chromatique lors de vos corrections colorimétriques. Sans cela vous passerez beaucoup plus de temps que nécessaire lors de la post production sur vos images.

2 / La seconde étape vous permettant de savoir si votre profil icc sera fiable est d’en vérifier la qualité de sa linéarité

Via cette représentation nous constatons que le profil de l’exemple 1 engendre un écrêtage non souhaité qui serait difficile de corriger en post production. L’exemple 2 montre aussi un problème de pied de courbe alors que l’exemple 3 apporte le fait que la prise de vue de la charte est beaucoup plus soignée permettant une meilleure qualité du profil ICC d’entrée.

3 / La dernière étape du processus de la création du profil d’entrée sera de choisir le logiciel permettant cette réalisation. Vous aurez le choix entre des logiciels gratuits ou payants et nous aborderons ce point lors de votre prochaine formation ou pendant vos cours au sein de mon académie.

Seulement les trois premières étapes passées vous pouvez alors commencer une analyse du gamut afin d’en vérifier la qualité de votre profil icc

Cette comparaison entre deux profils icc issus de deux appareils photo numérique de marque différente nous apporte le fait que les profils génériques proposés par les éditeurs ne sont pas du tout logés à la même enseigne d’où l’intérêt d’être accompagné par un expert ! Le gamut de gauche dans l’exemple ci-dessus vous demandera beaucoup plus de manipulation quant à l’édition des couleurs.

Prochainement je complèterais cette publication sur la partie du profil DCP aussi à très vite sur le site de la S.A.S. COULEUR ET ICC …